Description du projet

Description du projet

Migration de mariage et technologies de l’amour: comprendre la gouvernementalité de la migration de mariage en Europe et en Amérique du Nord

Cette recherche examine la façon dont la réunification familiale impliquant des conjointes et des conjoints (appelée couramment « migration de mariage ») est devenue l’objet d’une attention étatique et le théâtre d’interventions politiques soutenues au Canada, aux États-Unis, en France, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas. Ces interventions visent notamment à mieux juguler les flux migratoires dans un contexte où la réunification familiale est devenue le mode d’entrée légal privilégié et où des considérations sécuritaires remettent en cause les politiques d’accueil. Les pressions pour resserrer les politiques d’immigration au nom de l’impératif sécuritaire semblent toutefois aller à l’encontre d’un principe fondamental des démocraties occidentales, à savoir le « droit » à la famille - à tout le moins pour les citoyens.

Cela soulève trois questions cruciales : pourquoi le Canada, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas sont-ils maintenant préoccupés avec les migrants de mariage et comment cela se reflète-t-il dans les politiques d’immigration actuelles? Comment peut-on comprendre l’apparente antinomie entre la rationalité des régulations bureaucratiques des couples transnationaux et les émotions comme l’amour, dont la présence (ou l’absence) deviennent indirectement intégrées aux contrôles visant à garantir la véracité des relations évaluées par l’État? Enfin, quelles sont les conséquences des contrôles accrus de la migration de mariage et de la réunification familiale sur la vie des migrants, mais aussi des non-migrants souhaitant être réunis avec leur conjoint.e?

Afin de répondre à ces questions, ce projet interdisciplinaire s’attarde à la relation dynamique et changeante formée par la constellation de trois nœuds/concepts, soit ceux de « sécurité », « citoyenneté » et « droit ». Puisant dans des disciplines aussi variées que le droit, les études critiques de sécurité, les études féministes, les études queer ainsi que l’anthropologie, nous nous intéressons notamment à l’évolution de leurs formes, de leur sens et de leur reconnaissance par différents publics dans le cadre des pratiques de gestions des pratiques et politiques entourant la migration de mariage. Par exemple: comment les interprétations de la citoyenneté affectent-elles la façon dont la sécurité est pensée et appliquée? Comment des attentes de manifestations de l’amour romantique impactent certaines conceptions de la citoyenneté? Comment des droits spécifiques liés à certaines formes de réunification familiales affectent-ils ce que cela signifie qu’être un.e citoyen.ne, et peuvent exclure qui peut l’être à part entière?